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5 choses que j’aime dans les photographies de 36 Poses

Lorsque l’on est photographe, on passe forcément beaucoup de temps à regarder le travail des autres.

Par curiosité, par inspiration, parfois simplement parce qu’une image nous interpelle sans que l’on sache immédiatement pourquoi.

C’est exactement ce qui m’est arrivé en découvrant le travail de 36 Poses, le nom sous lequel la photographe Marie Lbb partage son univers photographique.

Son travail m’a particulièrement intéressé par son rapport à l’argentique, son goût pour l’expérimentation et surtout cette manière de créer des images qui semblent parfois se situer entre la photographie et le rêve.

J’ai donc eu envie de vous faire découvrir à mon tour son univers.

Voici 5 choses que j’aime particulièrement dans les photographies de 36 Poses.

1. L’argentique comme véritable terrain de jeu

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Aujourd’hui, photographier est devenu extrêmement simple.

On prend une photo, on regarde immédiatement le résultat sur l’écran, on recommence si nécessaire. Les appareils numériques permettent de multiplier les prises de vue, de corriger ses réglages instantanément et de contrôler une grande partie du résultat.

L’approche de 36 Poses est assez différente.

L’argentique occupe une place centrale dans son travail depuis ses débuts. Elle découvre la photographie au lycée avec un appareil argentique appartenant à sa mère, avant de s’intéresser progressivement au développement et à la chambre noire.

Et c’est justement cette part d’incertitude qui me plaît.

Avec une pellicule, on ne sait pas toujours exactement ce que l’on va obtenir. Il faut attendre. Développer. Découvrir.

Cette attente fait partie intégrante du processus.

Dans une époque où tout est immédiat, je trouve intéressant de voir un photographe accepter de ne pas tout contrôler.

Et chez 36 Poses, cette contrainte devient même un véritable outil de création.

2. La double exposition : quand une photographie ne suffit plus

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C’est probablement l’une des premières choses qui m’a marqué dans son travail.

La double exposition consiste à exposer plusieurs fois une même pellicule afin que différentes images viennent se superposer sur le même négatif.

Sur le papier, cela peut sembler relativement simple.

En pratique, le résultat peut devenir totalement imprévisible.

Et c’est justement là que l’univers de 36 Poses devient particulièrement intéressant.

Une silhouette peut se mélanger avec un végétal. Un visage peut disparaître dans une texture. Une partie du corps peut devenir le support d’une autre image.

La photographie ne cherche alors plus seulement à représenter une personne ou un lieu.

Elle devient une composition.

Une expérience.

Parfois même une sorte de petit accident visuel.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que la double exposition n’est pas nécessairement laissée entièrement au hasard. Dans son travail, il existe une vraie réflexion autour de la manière dont les images vont se rencontrer, tout en conservant une part d’imprévisibilité.

C’est cette frontière entre maîtrise et hasard que je trouve passionnante.

3. Le hasard fait partie de l’image

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C’est sans doute le point qui m’intéresse le plus en tant que photographe.

Nous sommes habitués à penser que faire une bonne photographie consiste à maîtriser tous les paramètres : la lumière, la mise au point, la composition, la profondeur de champ, l’exposition…

Et bien sûr, cette maîtrise est importante.

Mais il peut aussi être intéressant de laisser une petite place à ce que l’on ne contrôle pas.

C’est une approche que l’on retrouve fortement chez 36 Poses.

Ses appareils ne sont pas nécessairement les derniers modèles les plus performants. Elle utilise notamment des appareils anciens, parfois récupérés en brocante ou chez Emmaüs, et explique apprécier le fait de ne pas être toujours totalement certaine de ce que son matériel va produire.

Cette philosophie donne une autre dimension à la photographie.

Le photographe ne cherche plus forcément à reproduire exactement une image qu’il avait en tête.

Il accepte que quelque chose d’inattendu puisse apparaître.

Et parfois, c’est justement cette part d’imperfection qui rend une image intéressante.

4. Le corps devient une matière photographique

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En parcourant son travail, on remarque également une présence importante du corps, notamment du corps féminin.

Mais ce qui me plaît ici, c’est que le corps n’est pas nécessairement photographié comme un simple sujet de portrait.

Il devient une matière.

Une silhouette sur laquelle viennent se déposer des formes, des végétaux, des ombres ou des textures.

La peau peut devenir une surface sur laquelle une autre image semble apparaître.

Le corps peut disparaître partiellement.

Il peut être fragmenté, transformé, superposé.

Cette approche permet de sortir du portrait classique.

On ne cherche plus uniquement à montrer quelqu’un tel qu’il est.

On cherche plutôt à créer une interprétation de cette personne.

Dans une interview publiée par Pokaa en 2020, Marie Lbb expliquait notamment vouloir proposer à ses modèles des portraits qu’ils n’auraient pas pu obtenir avec une photographie plus traditionnelle. Elle évoquait également son souhait de représenter le nu féminin dans une approche non sexualisée, centrée davantage sur le corps naturel et symbolique.

C’est une approche qui donne beaucoup de liberté à l’image.

5. Il y a toujours une part de mystère

 

Enfin, c’est probablement ce qui résume le mieux mon ressenti face à son travail.

Les photographies de 36 Poses ne donnent pas forcément toutes les réponses.

On peut reconnaître une silhouette, deviner un visage, identifier une plante ou une texture…

Mais l’ensemble reste suffisamment étrange pour laisser notre imagination travailler.

Et je pense que c’est une qualité importante dans une photographie.

Une image n’a pas forcément besoin d’être immédiatement comprise.

Elle peut simplement provoquer quelque chose.

Une émotion.

Une question.

Un souvenir.

Ou simplement l’envie de la regarder quelques secondes de plus.

C’est notamment ce mélange entre photographie argentique, superposition, expérimentation et éléments naturels qui donne à son travail cette atmosphère très particulière, parfois onirique et presque irréelle.

Ce que je retiens du travail de 36 Poses

Ce que j’aime dans le travail de 36 Poses, ce n’est finalement pas uniquement la technique de la double exposition.

C’est surtout la philosophie qui se trouve derrière.

Accepter de ralentir.

Accepter de ne pas tout contrôler.

Expérimenter.

Se tromper.

Recommencer.

Et surtout laisser une place à l’inattendu.

En tant que photographe, je trouve cette démarche intéressante parce qu’elle rappelle qu’une photographie n’est pas forcément meilleure parce qu’elle est parfaitement maîtrisée techniquement.

Parfois, une petite part d’accident ou d’imperfection peut justement donner naissance à quelque chose que l’on n’aurait jamais imaginé.

Et c’est peut-être aussi pour cela que j’aime découvrir le travail d’autres photographes.

Cela permet de sortir de ses propres habitudes et de se rappeler qu’il existe une multitude de façons de regarder et de raconter le monde.

Où découvrir le travail de 36 Poses ?

Si cet univers vous intrigue, je vous invite à aller découvrir directement son travail et son portfolio sur le site de 36 Poses.

Vous pourrez notamment vous faire votre propre idée de cette photographie argentique, expérimentale et très personnelle.

Découvrir le portfolio de 36 Poses

Et si vous êtes vous-même photographe, je ne peux que vous conseiller de prendre le temps de regarder le travail d’autres artistes.

On y trouve parfois des idées, des techniques ou simplement des façons de voir qui viennent nourrir notre propre regard.

C’est aussi cela que j’aime dans la photographie : il n’existe jamais une seule manière de faire une bonne image.